Groupe hospitalier Paul Guiraud (GHPG)

Au fil des contes, dans la forêt de beaucoup d’arbres

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Publié le 30/04/2018

Dans le cadre de Culture à l’hôpital, une nouvelle page s’ouvre en la quatrième collaboration avec le Théâtre 71 de Malakoff et les Ateliers 18 (HDJ de Malakoff du service 92G18) pour la création d’un nouveau spectacle. Pour cela, un groupe de 9 patients, accompagné de Brigitte Magalas, notre infirmière porteuse des 3 projets précédents et de Stéphanie Savouret, nouvellement arrivée, s’est constitué en octobre dernier.
 Le spectacle s’intitule « Au fil des contes, dans la forêt de beaucoup d’arbres », il s’est produit le lundi 26 mars 2018 au Théâtre 71 de Malakoff.

Comme chaque année, afin de donner corps, vie et sens au projet, le groupe a assisté à 3 spectacles fondateurs : «les Souliers Rouges » d’Aurélie Namur, « White dog» de la compagnie de marionnette les Anges au plafond  et « Mange ta main » de Jean-claude Grumberg. Ces 3 représentations s’appuient sur les thèmes du conte et des marionnettes. Le projet a donc associé le conte et la marionnette. Rien de tel pour faire vagabonder notre imaginaire.

Pour ce faire, la médiathèque de Malakoff prête son concours et nous avons la chance de retrouver Chantal Roussel, plasticienne, comédienne et metteuse en scène ainsi que Christiane Lay, artiste manipulatrice de marionnettes.

Lors des rencontres à la médiathèque, le  groupe de patients dont certains fréquentent déjà l’atelier conte de Brigitte, s’est imprégné de différentes techniques en lien avec les contes. Ils ont pu approfondir leur connaissance et leur créativité. Les bibliothécaires ont participé à la formation des patients pour se familiariser avec l’outil informatique et atteindre une autonomie en la matière.

Parallèlement, trois autres ateliers se sont mis en place : Art-plastique, Marionnette et Ecriture du scénario.
L’atelier Art-plastique est dédié à la confection du décor : fresque, peinture, collage qui demande aux patients de travailler ensemble pour un objectif commun.
La singularité de l’atelier marionnette consiste en la fabrication de marionnettes dites portées qui nécessitera une manipulation. Chacun des acteurs, d’une manière très investie et enthousiaste, crée son propre masque et costume. Cette étape leur permettra de paraître sans apparaître au-devant de la scène et du public.
Puis, une fois confectionné, il s’agira de donner vie à « cet Autre » et ne faire qu’un avec lui. On y apprend à synchroniser son corps en mouvement avec celui de la marionnette et à poser sa voix pour lui donner la parole.
Cet exercice d’attention, de concentration permet, à terme, d’explorer l’espace réel et imaginé tout en insufflant vie à chacune des créations.

Enfin l’atelier écriture dont l’objectif est de construire le scénario, se situe dans la dimension du conte dont le postulat est la forêt.
Les patients sont invités à conter leur propre histoire, inspirée de souvenirs, de leur sensibilité, de leur émotion et de leur personnalité.

Puis dans un second temps, Chantal va donner corps au scénario en incluant les récits des patients.


Si nous portons notre attention sur le groupe des patients, deux personnes ont abandonné l’aventure, une personne nous a rejoints. Les sept autres participants qui ont poursuivi, sont dans une dynamique d’engagement, de découverte évoluant dans un climat positif. Pour faire face, un esprit d’entraide s’opère pour ne mettre personne de côté. Le choix de l’accompagnement personnalisé des patients par les soignants et les artistes reste l’option la plus adaptée. Les encadrants s’ajustent aux différentes situations, il en découle des solutions ingénieuses, astucieuses pour contourner les obstacles à l’élaboration du spectacle et que chacun y trouve sa place.


C’est ainsi que l’on a pu faire participer un patient dans le non-verbal qui ne peut s’exprimer autrement. En effet, on l’a chargé de réaliser un reportage photo lors du montage du spectacle, pour une exposition dans la salle de représentation. La mise en oeuvre de ce reportage s’est faite avec l’accompagnement et l’expertise dans la photo de Sylvie, infirmière au CATTP de Montrouge.


C’est aussi un travail sur la dimension de l’image de soi, l’image que l’on croit percevoir de soimême et l’image que l’on donne à voir aux autres, y compris au travers de la symbolique du masque.


Les infirmières ont constaté que la gestion du temps entre les séances suscite du stress et des questionnements de la part des patients. Ce sont des moments qui demandent de la disponibilité, de la sérénité et beaucoup de soutien. Brigitte et Stéphanie, les infirmières, ne sont pas trop de deux pour renforcer l’accompagnement du groupe pour un climat plus « secure ». Il y a un vrai partage de vie entre tous les acteurs de l’atelier. Les rencontres entre les artistes et les soignants sont empreintes d’échanges chaleureux, authentiques. Les séances qui se déroulent indifféremment au théâtre ou aux Ateliers 18, génèrent aisance où chacun des acteurs
« se sent comme chez soi quel que soit le lieu ».


Ce recueil n’est pas exhaustif mais il définit l’état d’esprit de nos patients qui sont allés jusqu’au bout de l’aventure, ils nous ont encore une fois impressionnés par leur force de caractère, leur endurance et leur talent. Ce projet qui sollicite leur intellect, leurs corps ainsi que leurs émotions sont une aide indéniable à leur épanouissement.


On ne pourrait pas terminer ce bilan sans mentionner nos partenaires que sont Chantal, Christiane, Emilie, qui nous ont accompagnés de leur professionnalisme, de leur gentillesse, de leur compréhension et permis d’atteindre le meilleur de nous-même.

L’équipe des Ateliers 18 leur en est très reconnaissante. On peut d’ores et déjà dire que le rapprochement de nos univers est un vrai succès.